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Rythme du temps, rythme des créations. Loi du désert, loi du sable, loi de la chaleur. Le temps coule et s’écoule, les formes apparaissent. Création au rythme africain, au rythme d’ici. Oubliez la notion d’heure de travail, de journée de travail, de productivité. Imaginez le désert, des maisons en banco et quelques tentes touaregs, puis l’atelier.
Murs de banco, sol de sable, plan de travail -un piston de camion -. Le feu s’embrase à même le sable, l’argent se perd au milieu du charbon, le forgeron joue de son soufflet, la braise est rouge, le forgeron parle, les enfants rigolent, l’argent est fondu. D’un geste précis le forgeron place le moule en argile, donne un dernier coup de soufflet, soulève le charbon, saisit d'une pince le pot rempli d’argent incandescent et coule l’argent dans le moule d’argile.
Le couteau prend forme dans son moule, la théière se pose sur les braises, des hommes passent, des femmes parlent, le thé est servi, le couteau est poli. L'enfant joue, l’enfant pleure. Le polissage s’arrête, le forgeron console l’enfant. Le couteau est poli… La forme apparaît, lentement. L’homme a besoin de temps pour créer. La création à la main, aidée de quelques outils simples et d’un savoir-faire millénaire, permet d’obtenir à la fois la précision et l’originalité. Cette originalité offre une âme aux objets, une authenticité qu’une machine ne saurait offrir. |